Ndeye Thiaw est un des 4 co-fondateurs de Bright More Capital, un fonds d’investissement basé en Afrique de l’Ouest. Elle a gracieusement accepté de nous accorder une interview pour nous parler de son activité et de son parcours.

Bonjour, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Je suis née au Sénégal, j’ai fait mes études primaires et secondaires ici. Après le bac je suis allée aux USA pour l’Université. Après cela j’ai rejoint la Banque Mondiale où j’ai fait 8 ans dont une partie à Washington DC et une autre partie au Sénégal.

Après quelques années j’ai voulu m’intégrer un peu plus dans le tissu entrepreneurial, ce que je ne pouvais pas allier avec mon travail. J’ai donc arrêté mon job pour faire de l’agriculture pendant 2 ans. Au bout de ces deux ans j’ai eu à faire du piment que j’ai produit et transformé. Et après cela j’ai aussi travaillé sur des projets freelances liés à la finance. J’ai fait beaucoup de notation d’entreprises dans la sous-région en Côte d’Ivoire au Sénégal.

Pendant quatre ans, j’ai fait ce travail pour en moyenne 4 ou 5 entreprises par an avant d’arrêter en fin 2017. Et durant cette période, j’ai été impliquée dans l’agriculture non seulement en tant qu’entrepreneure mais aussi pour le gouvernement sénégalais en tant que conseillère pour le programme de l’Etat pendant 2 ans. Mon travail était de faciliter les partenariats avec des bailleurs de fonds tels que les institutions de développement, la Banque Mondiale et la Banque Islamique de Développement. Au bout de ces deux ans, je suis revenue à mon domaine qui est la finance, et donc c’est à travers mes contacts que j’ai eu les 3 premiers associés du Fonds, qui m’ont demandé de les rejoindre en tant que quatrième partenaire pour mettre en place le fonds Bright More Capital dont je suis membre depuis 9 mois.

Quelle est votre vision du marché sénégalais et de la sous-région par rapport à la capacité d’investissement, les types de projets, la nature des projets.

A notre niveau nous ne parlons pas de projets mais plutôt d’entreprises. Nous regardons des entreprises qui ont entre 2 et 5 ans d’existence en moyenne et qui ont réalisé des revenus de l’ordre de 50 à 800 millions dans la sous-région. C’est le potentiel. La croissance devrait être exponentielle et non linéaire pour beaucoup de ces entreprises. Nous intervenons dans la phase critique de croissance initiale, quand l’entreprise commence à prendre de l’envol et qu’elle a besoin de cash pour se développer ou aller dans la sous-région.

Et par rapport au contexte de la sous-région, quels sont les secteurs qui sont visés en particulier ?

Nous privilégions beaucoup l’agrobusiness au sens large. Tout ce qui est agriculture, élevage mais nous ne finançons pas de production pour l’instant. Par contre nous sommes très intéressés sur toute la deuxième partie de la chaîne de valeur. C’est-à-dire la transformation, la distribution et la commercialisation. Nous finançons des entreprises qui sont dans ces secteurs. Nous finançons aussi les entreprises privées qui évoluent dans le secteur de la santé que ce soit dans les cliniques ou bien des produits ou des services qui sont directement liés à la santé. Donc par exemple les entreprises qui sont dans la technologie mais qui offrent des systèmes d’information axés sur le secteur de la santé ou dans le secteur de l’éducation. Nous sommes aussi intéressés par tout ce qui est service financier, l’inclusion financière, la Fin-tech, les énergies renouvelables. Surtout le sous-secteur du solaire.

Ce sont des des secteurs que nous avons identifié dans la sous-région comme étant les secteurs porteurs de nos économies d’une manière assez globale.

 

Comment vous organisez vous avec vos collaborateurs ?

Nous sommes rarement au même endroit au même moment. Lorsque nous voulons nous rencontrer, on cale un jour et une heure de réunion. On bouge beaucoup, aujourd’hui on est à Abidjan, demain à Bamako, après demain à Cotonou, à Ouaga… Donc c’est cet aspect régional qu’on est en train de définir et notre footprint qui va avec. Notre manière de collaborer est donc assez virtuelle. On communique beaucoup par Zoom, par Skype, par Whattsapp, par téléphone, on s’envoie des documents par mail. Donc on a plusieurs manières de collaborer selon les besoins. Si le besoin est pressant, on s’appelle directement sinon on se fait un mail.

 

Comment faites-vous pour rester motivée dans le cadre de vos activités ?

Bon, personne ne nous a incités à nous lancer dans cette aventure. On a décidé de manière commune de le faire donc on s’auto-motive. Parfois ce n’est pas évident parce que nous sommes quatre partenaires et nous avons une approche multifactorielle. Il y a d’autres facteurs externes qui peuvent donc influer sur le niveau d’engagement selon les périodes mais nous faisons en sorte lorsque l’un des collaborateurs n’a plus le même niveau de productivité de le suppléer. Mais c’est ça la vie, donc on essaie de trouver un équilibre.

 

Quels conseils que vous donneriez aux jeunes qui souhaitent se lancer dans le monde de l’entrepreneuriat ?

Ce que je dirais aux jeunes c’est d’aller chercher cette expérience d’abord. Ne mettez pas l’aspect financier en avant lorsque vous travaillez. Arrêtez de trop penser à l’argent : je veux une voiture de fonction, je veux un salaire de, je veux… Mais si vous vous dites « Je veux avoir une bonne expérience » pendant les cinq premières années de votre entrée dans le monde professionnel, alors vous avez la fibre entrepreneuriale en vous.

Il faut prendre le temps de s’asseoir, de comprendre et d’aller vers les gens pour poser des questions. Parfois nous avons des entrepreneurs avec des degrés de maturité qui diffèrent. Certains arrivent en ayant fait déjà cette documentation tandis que d’autres arrivent avec des connaissances basiques. Et pourtant ces derniers ont parfois des projets à fort potentiel. Ce sont les réalités mais nous faisons avec.

 

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